Des pratiques circulaires #7... chez Ferme Aquilon | Synergie Bellechasse-Etchemins

Des pratiques circulaires #7... chez Ferme Aquilon

Par Malcolm Savard
Lecture : 4min

Ferme laitière jusqu'en 2014, Ferme Aquilon se consacre maintenant à la culture de grains certifiés biologiques tel que le sarrasin vert et le chanvre dans une ambiance familiale. Ceinturée de belles valeurs, d'une vision durable de leurs produits et de leur impact, l'entreprise met en marché toute une gamme de produits issues de leur production de grains.

 

Avec ses pratiques, elle revoit la façon de mettre en marché le pain et la tireliche, en plus de contribuer à rendre accessible une plante au grand potentiel, le chanvre. Tour d'horizon de leur vision et de leurs pratiques durables!

 

Écoconception, même pour le pain

L'un des plus grands impacts qu'une entreprise peut avoir sur l'environnement et ses coûts est de repenser et de réduire sa consommation de ressources. Or, Ferme Aquilon l'a compris dès le début. « On vient découragé des déchets lorsqu'on achète un produit », lance Luce Bisson, co-propriétaire de l'entreprise. 

 

En souhaitant susciter l’intérêt des gens à faire du pain, l'entreprise offre un mélange à pain « prêt-à-mélanger », qui permet de confectionner un pain de sarrasin vert sans devoir acheter et mesurer tous les ingrédients.

 

L'entreprise se démarque par son emballage en adoptant une vision plus globale du produit et de son cycle d'utilisation. En effet, le mélange à pain est emballé dans un moule en aluminium, qui possèdera de multiples utilités (transport, cuisson, réutilisabilité, recyclabilité) comparativement à un simple emballage en plastique à usage unique. 

 

Ceci met en évidence plusieurs buts de l'économie circulaire, soit repenser l'utilisation des ressources et utiliser les produits plus fréquemment. L'emballage n'est plus qu'une solution de conservation, il devient aussi un produit fonctionnel à part entière pour transporter le produit, le fabriquer et outiller les néophythes pour de futures innovations boulangères.

 

Bien entendu, la conception de l'emballage a été pensée d'emblée pour ne comporter que des matériaux recyclables. Le carton se recycle bien, tout comme l'aluminium qui, souillé ou non, se recycle à l'infini avec très peu d'énergie et sans détérioration de sa qualité initiale, des atouts majeurs comparativement au plastique.

 

Écoconception 2, un mélange à tireliche

Un deuxième produit mis en marché par l'entreprise est la préparation à tireliche (une petite crêpe traditionnelle). Plutôt que de portionner plus traditionnellement le mélange, Ferme Aquilon le livre dans un petit pot Mason. 

 

« On a tous besoin de pots Mason, sinon, on les donne, mais qui jette des pots Mason », partage Mme Bisson, « le mélange est aussi portionné pour que le consommateur puisse utiliser le pot Mason comme outil de mesure du liquide dans la recette ». Fort de la réutilisation, un effort est même mis sur l'étiquette afin qu'elle se retire facilement une fois que le mélange ait été utilisé.

 

Trop souvent, la conception d'un produit ne considère que son utilisation. Trop souvent, la conception néglige « l'utilisation » possible de l'emballage mais aussi la fin de vie de celui-ci et celle du produit. Cela a un impact sur les ressources et le traitement des déchets.

 

Or, cette réflexion de considérer le cycle de vie complet d'un produit permet de s'assurer que chaque ressource utilisée a un sens, une utilisation (même plusieurs) et une fin de vie digne d'une planète aux ressources finies. Ferme Aquilon en est un bel exemple.

 

Champ de chanvre à Ferme Aquilon

 

Symbiose industrielle, une boucle de valeur efficace

La production de grains de Ferme Aquilon génère des résidus de paille. Ceux-ci sont envoyés à une entreprise porcine biologique à moins de 10 km qui l’utilise dans sa gestion de litière accumulée.

 

Cette litière absorbante, mélangée au lisier produit par les porcs, se transforme rapidement en compost. La litière compostée est ensuite retournée aux champs de Ferme Aquilon après quelques mois, avec une valeur fertilisante exceptionnelle pour les cultures suivantes.

 

Les symbioses industrielles s'inspirent des symbioses naturelles, où rien n'est gaspillé et où l'écosystème s'autosuffit des ressources disponibles. Dans une symbiose industrielle, la matière résiduelle d'une entreprise devient la matière première d'une autre.

 

Créative, cette collaboration évite avec brio l'achat de litière vierge, l'achat d'amendement de sols et répond à deux besoins complémentaires. On met alors en évidence un autre but de l'économie circulaire, donner une nouvelle vie aux ressources.

 

Économie du partage, le partage d'équipements agricole

Il existe une structure administrative conçue pour les producteurs souhaitant partager des équipements agricoles, appelée Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA).

 

Celle dont faisait partie Ferme Aquilon a été dissoute il y a une trentaine d'année mais cela n'a pas empêché des producteurs, dont Ferme Aquilon, de partager des équipements de manière officieuse mais tout aussi rigoureuse.

 

Entre autres, ces producteurs se partagent une presse à balle ronde, une chargeuse à bois, une débrousailleuse et un semoir à semis direct. Cette collaboration demande évidemment d'établir de bonnes règles de fonctionnement, un code de conduite, des suivis et des registres pour que le tout soit équitable et durable.

 

Le partage fait partie de l'économie circulaire de par le fait qu'il contribue lui aussi à utiliser les produits plus fréquemment mais aussi par la collaboration qu'il implique. Il permet de réduire les coûts pour accéder à certains produits et équipements en plus de tisser des relations de confiance.

 

Aussi appelé l'économie de collaboration, le partage a des impacts positifs à la fois direct et indirect sur une communauté. 

 

Pour tout ceci, à Ferme Aquilon, bravo.

 

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