Économie circulaire en action #2... avec Gyro-Trac de Ste-Justine | Synergie Bellechasse-Etchemins

Une histoire d'économie circulaire #2... avec Gyro-Trac de Sainte-Justine

Par Malcolm Savard
Lecture : 5min

Contexte

Gyro-Trac est une entreprise spécialisée dans la fabrication d'équipements de paillage (mulching) pour l'industrie forestière. Leurs produits, légers et efficaces en forêt, se taillent une place impondérable sur le marché. Parmi leurs produits, certains sont remis à neuf puis revendus, alors que d'autres sont réparés et renvoyés aux clients.

 

Pour ce faire, l'entreprise reçoit des équipements à son usine de Sainte-Justine, dans les Etchemins. La plupart de ces équipements sont transportés sur des palettes de bois. Or, Synergie Bellechasse-Etchemins a été contactée, car un surplus de palettes devenait un irritant pour l'usine. 

 

Rappelons que la symbiose industrielle Synergie Bellechasse-Etchemins est un service gratuit en économie circulaire. Entre autres, la matière résiduelle d'une entreprise devient la matière première d'une autre (une synergie).

 

Une synergie simple et rapide

D'abord, on m'a informé que Gyro-trac avait un problème d'accumulation de palettes à l'usine. Suite à une référence, j'ai donc contacté M. Christian Chabot, superviseur de production, qui m'a décrit sommairement son problème. 

 

Après avoir constaté qu'une visite serait l'idéale, nous avons planifié une rencontre à l'usine afin que je puisse valider la quantité de palettes accumulées, leur état, la disposition actuelle, les problèmes qu'elles engendrent, etc. 

 

Une fois sur les lieux, je collecte toute l'information dont j'ai besoin afin de bien connaitre le gisement en question. Aussi, M. Chabot me dit qu'il croit que ses voisins (Goudreau et Goudreau et Rotobec) ont eux aussi des surplus de palettes et que ça vaudrait la peine que je les contacte.

 

Suite à la visite, sur le chemin du retour, je réfléchis quelque peu aux entreprises ou organismes qui pourraient être intéressés par ses palettes. En fin de journée, j'appelle les personnes que M. Chabot m'avait référées chez ses voisins. 

 

Sans réponse pour le premier contact, je réussis à parler au deuxième. Après lui avoir expliqué la raison de mon appel, soit de savoir si lui aussi avait des surplus de palettes, celui-ci m'informe que, au contraire, il en cherche!?

 

"Quel type?"

"Quelles dimensions?"

"Quelle quantité par mois?"

 

Vous me voyez venir...

 

Curieusement, ses réponses ressemblaient drôlement à celles de son voisin.

 

"J'aurais peut-être quelque chose à vous proposer, je vous reviens là-dessus."

 

Il n'aura pas fallu plus que quelques minutes par la suite pour observer que Gyro-Trac pouvait subvenir à un besoin de son voisin et lui permettre du même coup de réduire grandement son gisement de palettes.

 

Aujourd'hui, l'accumulation de palettes chez Gyro-Trac est beaucoup moindre, car les besoins de son voisin concordent bien avec le sien.

 

Qu'est-ce que les deux entreprises en retirent

Du point de vue environnemental, l'impact principal de jeter des palettes provient soit du brulage des palettes, soit de l'enfouissement.

 

Aussi, la distance de transport de palettes que l'entreprise preneuse achète est bien plus importante que celui d'aller chercher les palettes dans la cour du voisin. Il y a donc une grande réduction d'émission de GES (gaz à effet de serre).

 

Or donc, simplement pour l'économie de GES émis, les deux entreprises ont toutes les deux intérêt à collaborer pour cette ressource (les palettes).

 

D'un point de vue économique, Gyro-Trac économise du temps-homme à ne plus gérer la disposition des palettes. En plus, si les palettes étaient envoyées à l'enfouissement, l'entreprise devrait payer pour chaque tonne enfouie.

 

Or, au prix facturé à la tonne par les sites d'enfouissement et avec la quantité de palettes, les enfouir aurait coûté quelques milliers de dollars par année. Sans compter les salaires versés pour manutentionner celles-ci.

 

Pour l'entreprise qui prend les palettes de Gyro-Trac, il y a évidemment une économie de coût étant donné qu'elle remplace l'achat des palettes d'ailleurs par des palettes de bois qui proviennent de son voisin. 

 

Finalement, au niveau social (car oui l'économie circulaire amène des impacts sociaux indirects importants), les deux entreprises collaborent maintenant sur une base mensuelle en échangeant des palettes.

 

Un canal de communication supplémentaire est ouvert entre les deux entreprises et un réflexe de collaboration entre voisins (ou d'autres industries) s'est peut-être même installé. 

 

Au prochain enjeu de ressources, est-ce qu'une des deux entreprises pensera contacter l'autre, ou une autre, pour collaborer? Est-ce qu'une confiance s'instaurera au point de voir les entreprises partager des équipements ou de la main-d'oeuvre en cas de besoin?

 

Ces retombées ne sont que la surface de ce que l'économie circulaire et une symbiose industrielle peuvent amener, car elles visent, entre autres, à mettre en relation des besoins à proximité, peu importe le secteur industriel, peu importe la ressource (matière, équipement, main d'oeuvre, énergie, eau, expertise, etc.). 

 

Un jour, notre économie bénéficiera de ces retombées, tant économiques que sociales qu'environnementales. Il le faut, car derrière l'économie circulaire se cache l'objectif d'optimiser l'utilisation des ressources, mais aussi l'intention de rendre notre économie durable, sachant que les ressources sur terre sont finies.

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